Chère M.
Excuse moi de ne pas t'écrire autant que je le souhaiterai, c'est les vacances, on vit notre vie, loin de la routine, c'est compréhensible.
Tu sais je crois que je suis trop curieuse. Je voulais pas au début, j'avais peur, si peur de ce que j'allais découvrir. Alors j'ai ouvert ce mystérieux tiroir, ces mystérieux tiroirs dans la pièce que tous les parents interdisent à leurs enfants. J'y ai trouvé une première enveloppe, blanche, et à l'intérieur une lettre comme je suis entrain de t'écrire. J'ai vainement essayé de comprendre ce qui était écrit, déchiffrer cette écriture que je connais malgré tout, cette écriture qui me rappelle les week end et les petits mots sur la table de la cuisine pour annoncer l'heure du retour. J'ai compris quelques mots, ils m'ont suffit. J'ai tout de même ouvert le deuxième tiroir, où j'ai trouvé 3 lettres. La plus ancienne datant de Novembre 2006. Alors finalement non, on était pas aveugles, on était juste trop petits pour comprendre. Maintenant qu'on sait dire "Je t'aime", on voit la vérité en face, aucune des lettres ne finit par cette expression, tu sais. Ils étaient l'exemple, la perfection, et maintenant ? Des portes qui se ferment pour ne pas qu'on entende une conversation téléphonique, des phrases qu'ils ne terminent pas, des mensonges qu'on voudrait croire, des noms jamais vraiment prononcés, remplacés par un regard, un langage qu'ils développent pour nous duper, pour qu'on ne voit plus rien mais ils se trompent, on ne voit que ça. M. je me revois dans la chambre à "Camp Rock" comme tu l'appelais à déballer mon sac à des gens que je ne connaissais que depuis 3 jours, à prouver à l'une de mec coloc', qu'il ne fallait pas se servir de ses problèmes pour faire la victime et obtenir la sympathie des gens comme elle l'a fait.
Ma lettre s'achève par cette petite leçon de moral. Sache M., que par ailleurs cela ne m'empêche pas de vivre, de rire, d'aimer, cela m'empêche juste de parler d'eux convenablement. Merci M., je t'aime
C.